Le blog d'une maman de triplés

Allaitement et pudeur : couvrez ce sein que je ne saurais voir !

Publié par le 07 septembre 2013 dans Au quotidien, Blog, Miam-time, Vie de couple | 12 comments

Allaitement et pudeur : couvrez ce sein que je ne saurais voir !

Petit préambule pour cet article.
Lorsqu’on parle allaitement, ça attise les foules et les foudres. Je ne cherche absolument pas à créer un débat pour tourner en rond et finir toujours sur une conclusion qui est évidente : l’allaitement est le choix des femmes. L’intérêt n’est pas de dire si oui ou non il faut donner le sein, mais de vous expliquer MON point de vue si on le fait en public. Ca m’est venu à la suite d’une conversation sur Facebook avec une amie. Je ne parlerai pas non plus de l’âge maximal socialement admis pour allaiter ou sevrer.
J’espère juste, si il y a des commentaires chers lecteurs, que cela ne tournera pas au pugilat général.
Et même si vous perdez l’esprit, je vous fais des poutoux pour vous aider à vous réconcilier.

Et il est bien évidant que si l’on donne le biberon on allaite aussi notre bébé mais dans le langage commun, allaitement va de paire avec le sein. Un peu comme le mot « jumeau » qui pour la plupart des gens concerne deux mômes mais en réalité, il concerne tous les enfants nés d’une même grossesse donc mes triplés sont des jumeaux. Bref.

Et dernier point, je vais éviter le « yfo allaiter c’est l’OMS kiadike », le « céleplu meilleur du monde pour le bébé », le « cénaturel », le « les vaches doivent nourrir les veaux uniquement ».

 

Comme vous l’avez deviné, je vais vous parler allaitement et pudeur, et plus précisément de ma pudeur.

Comment j’ai réussi à allaiter en public ? ou pire, avec des gens que je connais ? des amis, de la famille et même ma belle-mère ? Parce qu’elle conserve un caractère sacré tout de même ma belle-mère, les votres aussi, même si vous ne l’aimez pas.

Petit historique personnel.

Ma fille va bien. C’est une téteuse de choc. A tel point qu’elle tète encore en toussant la bouche pleine… Il va falloir qu’on lui apprenne quelques règles plus

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tard.
J’ai allaité mes triplés dès leur naissance. Uniquement avec l’aide du tire-lait les premiers jours car prématurés, ils ne buvaient que 2 ml par repas au début. Mes premiers contacts avec l’allaitement se sont donc fait avec une téterelle. C’est hyper top glamour! J’ai eu l’impression d’être une vache à qui ont tirait sur les mamelles pour obtenir le précieux nectar. Et puis, la montée de lait arrive et ça vous soulage tellement qu’on s’en fiche et on le fait. Après, j’ai commencé les mises au sein. Premières sensations. Et je ne m’attendais pas à ça. C’était doux et totalement inefficace, forcément ils avaient pas la force mais j’en garde tout de même un bon souvenir. Puis, grandissants, ils ont pris de la force et les succions étaient efficaces et le tire-lait ne me servait que pour faire des biberons de mon lait à Juliette. J’ai tenu quelques mois. Pas assez à mon goût mais j’étais fatiguée, seule à la maison donc il fallait que je puisse passer la main et je ne voulais pas produire/tirer mon lait pour trois. J’ai arrêté et je les ai passés au biberon de lait pour bébé, mes réserves personnelles les ont fait tenir jusqu’aux premières purées (oui oui, avec mon lait dedans!)
Je ne me considère pas comme une extrémiste de l’allaitement, du genre « le sein ou rien ». Le temps que j’ai allaité, il m’est arrivé de le faire en public ! Et c’est là que je change de paragraphe.

Allaiter ailleurs qu’à la maison.

Je me rappelle encore de la première fois. Je suis pudique. Je ne suis pas à l’aise avec mon corps, je ne m’aime pas physiquement et j’ai une forte tendance à la dévalorisation. Montrer mon sein était une étape forte pour moi. Et j’ai vraiment tout fait pour la repousser, me cachant derrière l’excuse qu’avec trois bébés, je devais rester à la maison. Sauf que… j’ai récupéré mon fils avant mes deux filles. Pendant 3 semaines et je savais que ces semaines allaient être les dernières avant longtemps à l’extérieur de mon salon ou de ma chambre. C’était ma seconde confrontation avec la réalité de l’allaitement. Ce n’est pas forcément glamour et en plus des fois, faut se découvrir devant des gens ! (et vous n’avez pas bu d’alcool à outrance donc ce geste, vous ne pourrez pas l’oublier)

Donc cette première fois. J’avais mon fils et je devais rejoindre deux personnes dans un bar. Ca voulait dire qu’il y avait du monde, c’était l’hiver donc tous les clients étaient à l’intérieur et pas du tout en terrasse. Comme de par un heureux hasard, mon fils a faim. Redoutant cette situation, j’avais mis un tee-shirt et une veste. Et là, il fallait franchir le cap. J’étais vraiment gênée, je n’osais pas lever les yeux, je me réfugiais en regardant mon fils sans le quitter du regard, j’étais rouge tomate. J’appréhendais d’avoir des réflexions (négatives et positives) à ne pas assumer pleinement cet acte là.
Et devinez ce qu’il s’est passé dans ce café noir de monde?

Rien.

 

Personne n’a fait attention, personne n’est venu me parler. Peut-être parce qu’il était remplis de vieux môssieurs venus boire leur verre de blanc du matin? En fait dans ce bar il n’y a eu que moi de gênée. J’avais survécu à ma première expérience d’allaitement en public ! Mon sein était toujours au même endroit et désespérément comme la veille.

J’ai pris la décision d’allaiter mon quatrième bébé.

L’obstétricienne m’a demandé à tous les rendez-vous si je souhaitai ou non allaiter et le notait à chaque fois sur le dossier. Pourquoi ? c’est un grand mystère. Il suffit de le demander le jour de l’accouchement à mon avis, c’est suffisant. Il y avait donc noté en gros « allaitement au sein important pour la maman ». Comme ça, si les sages-femmes avaient des doutes sur ce que je leur aurai dis, elles le liraient… J’ai même eu droit à la visite de la référente en allaitement de l’hôpital, juste pour papoter. C’était sympa.

Il y a quand même quasiment 5 ans entre ces deux grossesses, un début d’expérience, des utilisations avec un tire-lait et je sais que chéri-chéri trouve ça tellement naturel que je pourrai me mettre torse-nu qu’il le verrait pas. Il a la grande capacité à voir de deux façons mes seins : nourriciers quand je suis avec ma fille, aphrodisiaque quand je suis seule avec lui. Il m’a soutenu et me soutien encore. M’écoute râler, m’aide quand j’ai envie de tout arrêter et participe autrement qu’à travers un biberon pour s’occuper de sa fille.
Avec mes triplés, j’ai fais des erreurs, la principale : écouter les avis des autres tout en ne me faisant pas confiance.

 

Les deux sources principales de problème, selon moi.

La confiance. C’est LE truc qui fait qu’un allaitement marche même si on rencontre des difficultés. Je ne dis pas et ne pense pas que si ça ne marche pas c’est parce qu’on n’a pas confiance mais que sans elle, on doute et on est foutue, surtout sans soutien. Croire. Il faut croire dans notre capacité à allaiter et en notre bébé. Le moral est hyper important quand on a un nouveau-né et s’interdire de sortir pour cette raison est probablement idéal pour avoir un petit coup de mou.

La vision du sein. J’ai de la chance avec chéri-chéri. Mais tout le monde ne le voit pas comme ça. Le sein c’est une chose douce, moelleuse et ferme à la fois faite pour les jeux coquins, pour attiser, pour exciter. On en voit à tous les coins de rue.
Tu veux t’acheter du déo : hop t’as un sein.
Tu vas prendre ton bus : t’as des seins érotiques pour vendre un soutif avec une leçon de séduction en légende.
Tu veux du parfum : hop, et tu as jsaisplus quelle actrice avec les tétons cachés avec des bretelles placardée dans tout le magasin.
On a donc un sein-sexuel mis en avant et à toutes les occasions possibles et de l’autre côté, l’OMS qui parle d’allaitement maternel exclusif pendant 6mois et de durée d’allaitement de 2 ans et les discours culpabilisateurs qu’on entend partout: les « yaka fokon ».

 

Ca commence à faire beaucoup. On cumule trop de chose.
Notre pudeur, celle que notre société impose, ce qu’on nous recommande, ce qu’on nous fait comprendre si on allaite pas …

J’ai pris la décision d’allaiter parce qu’avant tout j’aime ça.

C’est peut-être égoïste. Mais si j’allaite c’est aussi pour moi. Pour mon plaisir. Je ne le fais pas pour diminuer des facteurs de risques de certaines maladies. Je ne le fais pas pour perdre du poids rapidement. Je ne le fais pas parce que c’est le meilleur (sic la culpabilité, si tu le fais pas, c’est qu’on n’a même pas honte de donner un truc pas idéal pour bébé…).
J’aime cette relation animale avec mes enfants. Les sentir contre moi et l’échange qu’il se passe entre nous. Ca ne s’explique pas. Ca se ressent.

Donc j’aime allaiter, mon mari n’est absolument pas embêté par ça, on voit des nichons partout et il considère qu’on voit moins les miens que ceux des publicités envahissantes. J’avais franchi le cap de la première tétée devant des gens avec qui je ne dors pas, et je ne suis pas morte foudroyée sur le champ. Alors comment je fais avec ma dernière née ?

Et bien c’est simple. Je ne me prive de rien.
Je vais où je veux, quand je peux et si elle a faim, je lui donne le sein !

Le regard insistant des gens, j’en ai. Et bien plus que dans ce bar.
Bizarrement, les plus insistants ne sont pas les enfants, mais les adultes jeunes. Les personnes âgées, en général, viennent me voir pour me féliciter et me dire de continuer tout en me disant regretter que peu de femmes « nourrissent » leur bébé. (j’ai remarqué que les papis/mamies disent pas allaiter mais nourrir…)

Pourquoi? Je ne sais pas. Alors un jour, sur Facebook, je dis m’étonner qu’on me regarde avec insistance alors qu’on était à table en famille, tranquillement. Il n’y a qu’une seule personne qui a osée dire que ça la choquait que j’allaite en public. Forcément, la conversation a mal tourné car seule contre tous et en ayant les propos que cette amie a tenue… Dans tout ce qu’elle a dit j’ai retenu deux choses :
– Allaiter en public c’est comme niquer
– Allaiter en public c’est se heurter à sa pudeur et elle est mal à l’aise

En quoi allaiter c’est niquer ?
Et bien je ne sais pas. Il n’y a rien de sexuel là-dedans. D’après moi, et je lui ai dis c’est du grand délire de comparer le sexe et l’allaitement.

En quoi allaiter heurte sa pudeur ?
Je suppose que cela renvoie à sa vision du sein : le sein-érotique. Et on tourne en rond avec la comparaison sexe-sein.

Et comment je fais pour continuer à allaiter en public alors que je sais que certaines personnes sont dérangées à ce point ?

Si j’étais aux USA, j’invoquerai le énième amendement qui parle de la liberté de chacun. Mais je suis pas là-bas… Je ne suis pas mais alors pas du tout gênée par le fait de dévoiler un bout de mon sein en public alors que je suis quelqu’un de pudique.

Comment je fais ?
Je considère vraiment que ma fille a le DROIT de manger. Elle n’a pas, pour moi, le droit d’être allaitée au sein car je le répète c’est un moyen de parvenir à un besoin fondamental : s’alimenter. Etonnant!? Mon sein n’est que le moyen pour qu’elle le fasse. Je tente de rester respectueuse des non-allaitantes gênées mais, il est hors de question que je reste coincée chez moi pour les respecter sans me respecter.
J’ai besoin de sortir de chez moi. Voir le soleil, m’acheter un nouveau vernis, entendre des bruits différents des bagarres quotidiennes, sentir le vent, choisir de nouveaux vernis à ongles, aller chez le coiffeur pour camoufler mes cheveux blancs naissants, acheter du pain, acheter une autre nouvelle bouteille de vernis à ongles, aller à la pharmacie ou chez le médecin (et j’y vais souvent ces derniers temps)… vivre et si possible avec de jolis ongles colorés.

Je considère que j’ai le droit d’allaiter ma fille et vu qu’elle a le droit de manger (et qu’accessoirement je suis là pour subvenir à ses besoins fondamentaux), la fusion des deux est un parfait équilibre. C’est essentiellement ça qui m’aide. J’assume non pas mon corps plus qu’avant, mais j’assume le fait que mon sein est un des deux moyens qui existent pour que je nourrisse mes enfants. Le regard aimant de chéri sur mon sein, sur moi et sur mes enfants est profondément bienveillant.
J’ai été gênée la première fois, un peu moins la seconde jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais la principale à me mettre des barrières.

Et la vérité, c’est que je n’ai pas, moi, maman, à être gênée par la vision que les autres ont de leur sein (ou du sein de leur femme). Je n’impose pas plus mes idéaux éducatifs en me découvrant, qu’une autre maman en biberonnant.
Je n’ai pas les plus beaux seins de monde quoiqu’en dise chéri-chéri. Si un inconnu entrevoit mon téton c’est qu’il est vraiment proche de moi et super insistant car je suis discrète lors de mon déshabillage mammaire. Pour le moment ils sont plus gros que le crâne de ma fille donc elle ne les couvre pas totalement, mais ses cheveux et sa coupe japonisante va cacher le peu qu’on puisse en voir.

Aux mamans qui allaitent mais n’osent pas le faire en public : la première fois, essayez dans un endroit avec peu de monde, vous y survivrez, et peut-être que vous cheminerez comme moi. Pas plus tard qu’hier, j’ai ma fille qui a réclamé le sein dans une grande surface. J’étais avec mon bras gauche la soutenant, le sein découvert quasi en entier car je n’avais pas prévu qu’elle réclame, et le bras droit en train d’aider mes grands à choisir un classeur et des chaussons et mouchoirs pour l’école. Des gens m’ont regardés. Des ados ont sourit parce que mes 3 courraient partout, des adultes n’ont pas réussi à lâcher mon sein des yeux, et des vieux m’ont encouragé à continuer. Est ce que j’ai été perturbée par ces adultes? non. Est-ce que je recommencerais si c’était à refaire? oui. Pourquoi ? et pourquoi pas.

 

 

Aux mamans qui sont perturbées par ce geste. Je vous épargne le discours du « c’est naturel » mais non, décidément non, je ne me priverai pas de vivre normalement pour respecter VOTRE vision de VOTRE sein. Je pense vous respecter en ne vous imposant pas mon choix de ne pas donner de fessées, de manger bio ou de ne pas faire regarder des dessins animés aux moins de 3,5 ans. Et pourtant c’est tout aussi éducatif et relationnel que la façon dont vous nourrissez vos marmots. Je ne le fais pas pour vous embêter, je le fais pour moi et ma fille. Ce n’est pas de la provocation. C’est une des expressions de la beauté de l’être humain : sa diversité.

 

Lorsque je « sors » mon sein pour nourrir, regardez-moi, questionnez-moi, parlez-moi si vous en avez envie mais ne me jugez pas.
Ne m’imposez pas votre vision des choses. Je ne vous imposerai pas la mienne.
Respectez moi tout comme je vous respecte, par mon attitude d’allaitante-pudique, vous et votre inconfort.
Epargnez moi les mots « déballage » « niquer » « inceste » « anormal » , je vous épargnerai les mots « naturel » « meilleur » et aussi l’historique du biberon/féminisme.

Pour les plus courageux d’entre vous, voyez mon sein que j’ai dévêtu:

http://instagram.com/p/d11Ce7oO97/
Mon titre commence par une citation de Molière dans Tartuffe. Je termine donc mon article par une autre citation :

La beauté est dans l’œil de celui qui la regarde. Oscar Wilde.

12 Commentaires

Vous pouvez commenter ci-dessous.

  1. Céline

    J’ai lu les grandes lignes, parce que le temps accordé à mon petit déjeuner est trop restreint -_- Mais allaitant Margaux moi -aussi, j’ai compris de quoi il en retournait!
    Avant d’avoir des enfants, j’avais toujours dit que je n’en voulais pas car j’étais trop douillette. Puis j’ai dit que si j’en avais, je ne les allaiterais pas car je n’étais pas une vache ^^Finalement, quand j’étais enceinte de Romane, j’y ai plus ou moins songé. Moins que plus d’ailleurs, ça n’était pas le cadet de mes soucis (j’étais plutot concentrée sur mes kilos et mes obsessions de bouffe sucrée XD )
    Mais quand la SF a posé Romane sur moi et qu’elle m’a demandé si je voulais faire la tétée de bienvenue, j’ai dis oui. Et ce contact m’a donné envie d’allaiter ma fille. Ce fut difficile car elle ne têtait pas, étant une crevette, elle n’avait pas beaucoup de force et je n’arrivais pas à la stimuler de peur de lui faire mal.
    Mais l’équipe de la maternité m’a aidé à passer ce cap difficile. Ils ne m’ont pas dit de laisser tomber et de passer au biberon. Toutefois, il fallait que choupette reprenne du poids vite sinon pas le droit de sortir de la maternité. J’ai donc fait du mixte parce que je me disais que c’était le mieux pour elle, jusqu’à la visite à la PMI qui m’a dit que je pouvais ne garder que le sein.
    Romane n’a jamais été une grosse téteuse, sans doute que la tétine qu’elle a eu au début n’a pas aidé. Mais j’ai tenu jusqu’à la reprise du travail, soit un allaitement de 3 mois fermes. Ensuite, un peu le matin et le soir, mais le TL était trop contraignant. Mais pendant cette période ou j’étais seule avec ma fille, il fallait bien qu’elle mange! Pas de souci à la maison, sauf si on avait du monde, j’allais dans ma chambre. Mais chez les autres…. et bien j’avais toujours un chèche avec moi. Non pas parce que j’avais honte, mais parce que je suis très pudique! C’est maladif. Et je sortais peu à cause de cela.

    Pour Margaux, pareil, allaitement dès le début. Mais pas de tétée de bienvenue ni de peau à peau, à mon grand regret cette fois. Sans doute parce que ce jour là, il y avait une ribambelle de bébés en attente! Autant le dimanche d’avant, les SF m’avaient dit qu’elles avaient passer leur journée à regarder la télé, autant ce jour là, tous les bébés avaient décidé de sortir (le 1er jour des soldes, était-ce une coincidence? XD ) Mais bref, j’avais décidé d’allaiter. Du moins, c’était naturel de le faire.
    Mais ce fut difficile. Margaux est une tétouilleuse de choc, mais elle ne mangeait pas pour autant. Et j’ai eu des crevasses. En plus, elle a perdu plus de poids que la normale. On a tenté un peu de lait en biberon : niet, que dalle, nada, elle n’en a pas voulu. Angoisse. Mais j’ai tenu. Ma mère m’avait amené de la crème pour les tétons et j’ai tenu. Elle a donc un peu repris de poids avant de sortir. C’était juste ce qu’il fallait mais c’était bien.

    Et à la maison, c’est parti sur un rythme d’enfer. Pour Romane, j’hésitais, je prenais en compte ce qu’on me disait, jusqu’à ce que tu me dis que c’est à la demande. Je n’ai aps reproduis le même schéma pour Margaux. Donc ce fut à la demande, je l’avais tout le temps dans les bras. J’ai tenté la tétine pour pouvoir me reposer un peu, elle en a pas voulu mais je ne regrette pas. Tant pis, je l’aurais dans les bras, c’est tout (écharpe et mei tai impossibles à utiliser car trop chaud dehors). Jusqu’à ce qu’elle trouve son pouce. Quand elle est crevée, je la pose et elle suce son pouce car elle s’énerve au sein. Ca me rend triste mais c’est comme ça, elle peut se calmer toute seule.

    Et j’ai moins honte d’allaiter en public. Chez moi, et bien je reste dans le salon. Dehors, j’ai moins de mal à préparer l’attirail. Mais j’ai toujours un foulard, parce que je ne peux pas m’en passer. J’aimerais pouvoir m’en passer mais je ne peux pas, c’est comme ça. Mais si un morceau de peau dépasse et bien tant pis. Parce qu’après tout, je ne vais quand même pas étouffer ma fille hein!
    Sans doute qu’au troisième ça ira mieux. Ah mais non, moi j’arrête à deux ^^ je n’aurais pas le courage d’en faire plus ^^

    Et dans les deux cas, Mike n’a jamais rien dit. Il pouvait de toute façon s’occuper autrement des filles. Par contre, je sais qu’il a été content pour l’adaptation biberon pour Margaux (parce que bon, je doute de pouvoir me couper le sein quand elle ira chez Nounou à partir de la semaine prochaine ^^) Il n’a jamais été frustré et est toujours d’un grand soutien, ça fait du bien.
    Peu importe ce que les autres penses, je le fais avec mon coeur, comme toi et c’est ce qui compte!
    Et ce que j’aime aussi c’est Romane qui, quand elle est là et que Margaux a perdu le sein, vient lui redonner , ou qu’elle donne le sein a ses bébés.

    Si tout le monde faisait pareil, le monde tournerait sans doute mieux. Mais le problème c’est que le sein est vu comme un objet de désir et non comme servant à nourrir un petit être humain. Alors qy’il a deux facettes.

    Voilà ma tartine, pas très utile, mais tant pis !

    • Maman de triplés

      Salut! Tu vois y’a un mot que je relève dans ton commentaire : HONTE.
      Pourquoi, de nos jours, en arrive t-on à avoir honte d’allaiter en public alors que personne n’a honte de la majorité des travers de la société !. Je veux dire, est-ce que les gens sont choquées de voir de jeunes ados, en mini-short, maquillées comme des voitures volées, fumant et cherchant à se faire sauter avant ses 16 ans par ce que c’est à la mode? Est-ce que les gens sont choqués au point de faire honte à ces jeunes? Non! Est-ce quelqu’un est choqué de voir des gamines de 12 ans maquillées et habillées près du corps dans des poses d’adultes pour vendre un Jean!? Non! Et pourtant ils utilisent l’érotisme et le sexe. Alors ma biche, n’ai pas honte de ton sein. Il est beau ton sein. Il nourrit ta fille. Et je suis sûre que Mike ( que j’embrasse au passage) trouve que tu es belle, que ton sein est beau et que si ta fille l’a en bouche il vous trouve beaux, toi ta fille et ton sein!
      Je t’embrasse.

  2. Céline

    C’est surtout que je suis très pudique! C’est maladif et lié au fait que je suis très complexée. Montrer un bout de peau, même pour la bonne cause, c’est pas évident. Notre société n’aide pas, c’est vrai, surtout quand elle ne trouve pas choquant l’hypersexualisation des ados et des jeunes.
    En mettant un foulard, je me dis que je préserve ce moment à ma fille et à moi! (fausse excuse je sais ^^). J’aimerais etre moins complexée et pouvoir mettre choupette au sein sans avoir de foulard, mais je pense pas que j’en serais capable :( Ca serait pourtant un grand pas pour moi et un petit pour les femmes qui allaitent et qui en ont marre de passer pour des vaches aux yeux des imbéciles ou des faux pudiques.

    Enfin, le plus important : je fais comme j’entends sur ce point (ça c’est grace à toi quand j’ai eu Romane :) ), quand on me dit qu’elle est trop souvent au sein, je réponds « à la demande » , qu’elle est trop dans les bras je réponds « j’assume, elle a le temps de ne plus vouloir qu’on la porte » .Mike me soutiens, et ça fait du bien.

    Gros bisous à toute ta petite famille!

  3. Fantomette

    Eh bien moi on ne m’a jamais rien dit.
    Vous savez, les emmerdeurs de service, il y a des personnes qui ne se feront jamais emmerder car elles dégagent ce je ne sais quoi qui les rend hors d’atteinte, et les autres n’osent pas s’y frotter.
    Je ne suis pas de ces personnes, je suis plutôt la godiche qui se prend les pieds dans la carpette devant tout le monde, sauf… Sauf en ce qui concerne l’allaitement. Qui n’a jamais été une question que je me suis posée, ni dans le fait de savoir si j’allais allaiter, ni ou, ni combien de temps, ni quoi que ce soit, ça a toujours été aussi évident que respirer.
    Et j’ai allaité en tous temps et en tous lieux, mon petit garçon de sa naissance à ses 2 ans à peu près (il a tété plus longtemps, mais plus en public).
    Dans mon souvenir, les seules remarques que j’ai pu avoir étaient positives, y compris de maman donnant le biberon, qui pour beaucoup m’ont dit des choses comme « c’est super, moi j’ai pas pu/j’ai pas osé/j’ai pas voulu/j’avais pas de lait/……. » et jamais de jugement, de critique,…
    Je suis extrêmement pudique, et ai toujours fait en sorte qu' »on » ne voie rien, vêtements d’allaitements, porte-bébé, et si dans la queue d’attente silencieuse de La Poste on entend successivement un pleur, un gloussement de joie, une succion bruyante accompagnée de petits râles de joie personne ne peut louper ce qui se passe, personne n’en voit rien non plus.
    Je me fous qu’on sache que je suis en train d’allaiter, je ne supporte pas l’idée qu’on voie un bout de sein.
    Après avoir discuté avec de nombreuses personnes ayant allaité, je me suis d’abord dit que ‘avais de la chance qu’on ne me dise rien, et j’ai compris ensuite que j’en ai tellement rien à faire, mais d’une force intersidérale de ce que « les autres » peuvent penser que ça se voir et que personne ne m’a jamais rien dit, je suis « intouchable » sur le sujet.
    Pour l’anecdote, ma belle-soeur a allaité ses deux enfants, 2 mois 1/2 et 8 mois, pour les 2 sa mère l’a harcelée pour qu’elle sèvre, elle a sevré à contre coeur les deux fois, elle est une précieuse alliée qui dit haut et fort à qui veut l’entendre qu’elle aurait aimé allaiter plus. Lors d’un repas familial, mon fils de 18 mois veut téter, je suis assise à table, je l’assis contre moi ventre à ventre et le mets discrètement au sein, personne ne voit rien. La maman de ma belle-soeur se doute de quelque chose, je la vois se pencher vers elle pour lui dire un truc, avant qu’elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit, son regard croise le mien « il tète, là ? » je réponds « oui », elle est gênée et ne sait pas trop quoi dire, ma belle-soeur dit « j’aurais aimé allaiter 3 ans », sourire, fin de l’histoire.
    Cette femme qui a tant harcelé sa fille ne m’a rien dit, elle a même eu un sourire franc et sincère.
    Je n’ai pas de formule magique, je ne revendique rien, ne suis pas une militante de l’allaitement, juste je m’en fous, je ne sais pas comment j’ai fait, je suis pourtant du genre à me laisser bouffer et marcher sur les pieds, mais sur ce sujet… Rien du tout.
    Que chacun fasse ce qu’il veut de ses nichons et de ses biberons et les vaches seront bien gardées !

  4. audrey

    tu ecris tjs aussi bien, et c est toujours un plaisir pour moi de te lire 😉
    affirmer ses idées, ses valeurs tt en respectant celle des autres, ca parait simple mais comme tu le fais remarquer certaines personnes ne peuvent se passé de jugment.
    quand ca vient des amis cela doit etre plus difficile a vivre, pour le reste….

    a bientot
    audey

  5. kiwi

    bonjour,
    Merci pour votre billet.
    Je m y retrouve beaucoup . Personnellement , j ai allaité mes fils jusqu à 15 mois (Notre choix) et j ai allaité partout où il avait besoin. Beaucoup ne s en rendait même pas compte car ils étaient en écharpe de portage. J ai mis un foulard une seule fois dessus dans le train à cause d un homme avec un regard malsain!
    L autre jour j ai eu une discussion houleuse avec un de mes amis qui a été choqué qu une femme allaite son bébé dans le RER! j aimerai beaucoup qu il lise votre prose:)
    Mon avis, Messieurs Mesdames les gens si çà vous dérangent et ben… Ne regardez pas!!
    votre regard , vos critiques, vos jugements .. je m en fous! Mes fils étaient bien, ils ont appréciés, J ai apprécié et c est tout ce qui compte.

    Merci pour votre texte qui m a ramené quelques années et quelques mois en arrière et surtout de montrer que l on est LIBRE!
    Bonne continuation et bon courage pour la suite aux mamans allaitantes 😉
    Merci maman des triplés

  6. Choupaline

    Pour moi, il y a un « avant » et un « après » avoir été maman. J’avoue à ma grande honte qu’avant d’avoir été maman, je trouvais l’allaitement normal, mais je me demandais comment les femmes qui allaitaient arrivaient à se découvrir en public et je trouvais malsain les allaitements trop longs. Et puis, des copines ont été mamans avant moi et qui ont allaité leurs enfants plus ou moins longtemps et je trouvais qu’elles faisaient cela avec un naturel déconcertant…

    Comme j’ai des allergies alimentaires, j’étais motivée pour allaiter ma fille au moins 6 mois… Elle est arrivée à terme et tétait goulument. L’allaitement marchait du tonnerre et naturellement, je me suis mis à l’allaiter partout où elle en avait besoin. De toute façon, avec un tee-shirt qui descend sur le sein et la tête du bébé devant, on voit franchement pas grand chose. Et puis, public ou pas, quand notre bébé a faim, il se passe quelque chose en nous, qui est plus fort que tous les préjugés et toutes les pudeurs mal placées.

    A partir de la diversification, j’ai gardé 2 tétées matin et soir (les meilleures !) et ce, pendant 18 mois. Pour le n°2, j’en sur à 3,5 mois d’allaitement et j’espère faire aussi bien que pour l’ainée. Mon mari a toujours fait partie de ces choix et s’implique à sa façon (en faisant les bains ou les changes la nuit les premiers mois par exemple).

    Je ne remercierai jamais assez la sage-femme qui nous expliqué comment marchait l’allaitement et qui nous a dit de nous faire confiance. Grâce à elle, j’ai eu confiance en ma capacité d’allaitement et je ne me suis pas laissée « pourrir » par ceux qui n’y connaissent pas grand chose, mais qui ont quand même un avis. Mes copines ont aussi été des modèles sans le savoir… Plus on voit de femmes allaiter, plus on trouve ça normal et moins on psychote quand on doit allaiter soi-même.

    Jusqu’à présent, je n’ai pas eu de remarques désobligeantes… peut-être suis-je comme Fantomette… hors d’atteinte… Au moment où j’allaite, je suis portée par la sensation de faire du bien à mon bébé (ne serait-ce qu’en le rassasiant)… ça doit protéger des importuns !

  7. Elsa

    Bonjour,
    j’ai allaité mes 2 filles (12 et14 mois), et franchement je n’ai jamais eu de souci. J’ai allaité dans le bus, au supermarché, au travail (pdt mon congé parental, j’ai du y retourner qq fois). Parfois les gens me regardaient, mais quand ils réalisaient que j’allaitais, ils détournaient le rgard et était plus génés que moi (pourtant, je ne suis pas à l’aise avec mon corps, très grande, assez ronde, seins énormes juste après l’accouchement).
    La seule chose que je recommanderais avant d’allaiter en public est d’essayer chez soi avec les différents vêtements car certains sont bien plus adaptés que d’autres. Surtout, croyez en vous, faites vous confiance et bon allaitement!

  8. Yogini

    Merci pour ce bel article… Je me retrouve dans tes propos en tant que maman mais aussi en tant que femme… Pudique aussi, mes premières fois ont été un peu difficile, et après 18 mois d’allaitement, il m’arrive encore d’allaiter en public…Malheureusement, quand bébé devient bambin, les regards sont beaucoup moins tolérants / accueillants, les anciens viennent plutôt pour dire que « ça commence à faire assez », les adultes lèvent les sourcils d’un air dépité, les ados piaffent….
    C’est plus difficile maintenant, et j’essaie tant que je peux de repousser la têtée… Mais à 18 mois, le lardon a des pattes, court et hurle « têtéééééééé!!!!!!!! », et ça devient compliqué aussi.
    Ceci étant, j’assume totalement mon choix et l’explique aux personnes assez intéressées et ouvertes pour l’entendre… Quant aux autres, dommage pour eux, mais comme je leur dis quand j’en ai la possibilité « moi aussi avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » :)

  9. catherine

    Chez nous une maman qui déballe le garde manger dans un lieu public attire l’attention…et parfois les commentaires!
    Dans les Antilles, c’est un bébé qui pleure 30 secondes qui attire l’attention …et les commentaires :

    Le regard des gens dépend aussi du lieu géographique, ci dessous quelques expériences qui ont décomplexé mes tétées :

    La scène se passe au bureau de Poste d’un petit village de Martinique, dans un tout petit local bondé de monde!!! bébé a environ 2 mois:
    – …pleurs
    – il a faim? Tu le nourris au sein?
    – oui
    – mais donnes-lui donc le sein…
    – ….OK (au secours, il y a plein de monde!!!)
    …soit, donc tétée debout, des gens devant, derrière, le livreur qui débarque! Finalement c’est d’une logique limpide, on ne doit pas faire attendre un bébé qui a faim!! Cela a été le plus naturel du monde!

    Autre scénario : cela se passe dans un restaurant, toujours en Martinique :
    – on va se mettre dans le coin là-bas pour ne pas déranger si bébé a faim
    – ah non, il n’y a pas de raison! Vous restez là et si les gens cela ne leur convient pas, ils n’ont qu’a partir
    – …OK… (pas le choix, on reste ici, au milieu du resto! )

    C’est tellement simple!!!
    Finalement si le sein nourricier était un objet sexuel… alors un biberon serait quelque chose comme un sex-toy, non?

  10. DIOT

    Bravo à toutes et à tous.

  11. 3 étoiles

    Merci!

    Perso, je n’ai pas souvenir d’avoir eu des regards gênés sur moi. J’ai souvenir d’un copain me proposant un verre de soda et à qui je réponds « ok, une fois qu’il aura fini de manger  » « ah bon, il mange, là? je croyais qu’il faisait un câlin », j’étais debout à moins d’un mètre devant lui, la tête de mon 2e cachait mon sein …
    Et puis pour n°3, j’avais quand même envie de demander à mes beaux-parents de regarder un peu moins directement lors de la mise au sein les premiers jours, j’avais limite l’impression qu’ils regardaient mon téton, et j’avais perdu ma dextérité. C’est vite revenu!

    Pour moi, plus que l’allaitement en public, c’est l’allaitement longue durée qui gêne les gens. J’ai allaité mon 2e pendant 15 mois et n°3 en a 10 pour le moment. C’est plus à partir de maintenant que je suis encore plus discrète dans les lieux publics car les gens ne comprennent pas l’allaitement longue durée. Et je ne donne pas le sein toutes les heures, seulement aux heures des repas!

    Le « tu le nourris encore? », ça me donne parfois envie de répondre « non, je le laisse mourir de faim » (mais je ne le fais pas). On m’a même demandé si je le nourrissais encore « quand même »? Là j’ai demandé « quand même quoi? » Eh bien quand même parce qu’il a 9 mois, il ne FAUT pas arrêter avant?

    Je suis médecin généraliste, et je suis fière de dire à mes patients et patientes que j’allaite encore. j’ai d’ailleurs pas mal de patientes qui mènent un allaitement long (et plein de patientes qui n’allaitent pas mais ne se sentent pas culpabilisées pour autant)

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