Le blog d'une maman de triplés

Annabelle

Publié par le 20 mai 2009 dans Au quotidien, La néonat' | 0 commentaire

Annabelle

De son petit poids, Annabelle est le bébé qui a le plus de chemin à parcourir pour rentrer à la maison.
1350gr, c’est à la fois tout et rien. Elle pèse le poids d’un bébé naissant à pein plus « âgé » de 6 mois de grossesse.
Elle devra rester en couveuse longtemps…très longtemps… trop peut-être.

Bichette a du mal à grossir, elle maigrit depuis son arrivée dans cet hôpital.
On s’inquiète. Je m’inquiète au point de ne plus en dormir. Je me sens coupable. Je pense que c’est de ma faute, que j’ai mal fais mon travail, que mon état d’esprit a surement joué, que mon envie de n’avoir « que » deux bébés s’est répercuté sur elle et que maintenant, elle en paye les pots cassés. Je pleure. Je pleure tous les jours.
Les médecins décident de lui donner du sel. Comme vous le savez, lorsqu’on mange trop de sel, on a tendance à faire rétention d’eau. C’est l’effet qu’ils cherchent pour elle. Que par rétention d’eau, notre pupuce grossisse en espérant que cela lui donne un petit coup de pouce pour se remettre à grossir.
Elle, de son côté hurle sans cesse, gigote, cherche à téter toute la journée ou presque.
Les infirmières ont eu la judicieuse idée de lui donner des mini-biberons. A peine plus gros que les pots dans lesquels on fait des analyses… dedans, 30 ml à peine du précieux nectar que je tire tous les jours à la maison. Et malgré sa toute petite taille, elle gère comme un chef. Elle mange et prend des forces.
Du haut de ses 36 cm, elle nous fait comprendre qu’elle

est une battante.
Si chaque jour je pleure parceque je me fais du soucis, je pleure aussi pour chacun de leur progrès.
Elle s’autonomise et grossit enfin!

La voici, paisible. Une des seules fois où elle n’avait pas mis trop le souk dans sa boîte de plexiglas.
Comme on peut le voir, elle a toujours sa sonde nasogastrique. Même si elle arrive à boire du lait, elle n’a pas assez de force pour boire toute une ration. Bien souvent elle se fatigue énormément en mangeant et le reste lui est administré par l’intermédiaire de cette sonde. Elle se l’arrache souvent, trop souvent, comme pour nous faire comprendre qu’elle n’en veut pas, qu’elle veut se débrouiller sans nous.

Mis à part son soucis de poids, Annabelle n’a pas eu trop de mal suite à la naissance. Nous nous faisons énormément de soucis pour elle mais son côté vaillant fait qu’elle nous rassure chaque jour.
On peut la prendre de plus en plus souvent dans nos bras.
On la câline et on peut même commencer les mises au sein.
La voici, apaisée après un câlin avec moi et une petite tétée.

Elle dort.
Elle est belle notre Annabelle.
Elle rêve.
Je rêve du moment où elle sortira de sa boîte.
La couveuse… Elle lui permet de grossir, de grandir en sécurité et au chaud mais elle nous empêche de profiter de notre fille, de la prendre comme on le souhaite.

Imaginez-vous dans une pièce où tous les sons sont multipliés par 50. Voici ce qu’elle ressent et entend. Les bips des machines, les pleurs de ses frères et soeurs, nos voix, ses pleurs doivent fournir un véritable vacarne difficile à supporter. Et pourtant, ce petit être, si fragile, si petit, elle y arrive.
Je ne suis pas sûre que nous, en tant qu’adultes, on arriverait à vivre sereinement dans de telles conditions.
Elle est forte notre Annabelle.

Les jours passent.
Et voilà le grand moment de la sortie de couveuse.
J’ai les larmes aux yeux.
Ce n’est pas n’importe quel jour.

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